29 septembre 2006

Mea Culpa, Mea Maxima Culpa

Suite à quelques mots échangés de façon virulente avec mon éditeur, je viens vous faire part de quelques remarques que cela m'a inspiré.

On a beau bosser le dessin depuis tout gamin, on a beau avoir des avis arrêtés sur ce qui est bien ou ne l'est pas, nous autres dessinateurs avons vite tendance à oublier que notre avis n'est pas le seul qui compte.
Ce n'est pas parce que l'on représente souvent l'autorité en matière de dessin dans notre entourage que nos pensées ont parole de vérité. J'ai toujours considéré que mes goûts en matière de BD étaient éclairés, que mes raisonnements englobaient à la fois mon point de vue technique et mon point de vue de lecteur quand je lisais une BD et l'évaluais.

Mais cette connaissance peut nous rendre imbus de nous même. Elle nous entraine à penser que nous avons raison envers et contre tout, et que nos choix sont nécessairement ceux qui prévalent.

Il n'en est rien, évidemment.

Je ne suis pas coloriste, ni éditeur, et non plus simple lecteur. Comment puis-je savoir ce qui est va être bon selon l'un de ces 3 points de vue ? Comment puis-je m'imposer, et imposer mes choix, sans être en mesure de faire confiance aux personnes qui appartiennent à ces 3 catégories ?

J'ai fait l'erreur d'oublier que je n'étais pas le seul juge de mon travail, et que j'étais critiquable, premier parmi tous les autres. J'ai la chance de réaliser ma 1ère BD chez un éditeur qui fait confiance à ma capacité à évoluer. Aujourd'hui j'ai démontré que j'étais capable de réactions pires que narcissiques. Cette démonstration d'orgueil déplacé que je lui ai faite a failli me coûter bien plus que les remarques qu'il m'a faite, et j'en retire une grande honte.

J'essaierai à l'avenir d'écouter avec plus d'attention ceux qui ont plus d'expérience que moi dans un milieu où je débute, et où je n'ai aucune légitimité pour imposer mes décisions.
Je sais que nous sommes plusieurs dans ce cas là, et nous devons tous profiter de la chance qui nous est donnée sans la gâcher.

Le temps viendra d'en faire à notre tête, quand nous aurons prouvé que nous savons d'abord et avant tout écouter les critiques sans en prendre ombrage. A ce moment là, peut-être, nous saurons quoi faire sans qu'on ne nous le dise.

Pour l'heure, apprenons.

Posté par Le_Fab à 11:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Mea Culpa, Mea Maxima Culpa

    C’est dans la simplicité pseudo-sage, pastiché sur des proverbes et autres maximes que je vais laisser mon petit message :
    Un homme meilleur est celui qui saura tirer un enseignement de ses erreurs.

    J’espère néanmoins que vous saurez garder vos propres goûts et votre capacité à tenir tête à l’adversité, lorsque le besoin s’en fera sentir… Que la compréhension d’un égarement ne devienne pas les racines d’une forme plus profonde de bêtise, qui a terme enchaînera votre volonté.

    Quant à la forme, il ne faut jamais perdre de vue que la violence (aussi bien verbale que physique) est l’arme préférée des faibles. Alors la prochaine fois, allez lui rendre visite avec vos tes-po

    Posté par Steuve, 29 septembre 2006 à 15:30 | | Répondre
  • Je me reconnais pas mal dans ce que tu dis.

    J'ai eu un prof qui m'a dit une fois que certes, les louanges de notre entourage quant à nos dessins étaient bien agréables, mais qu'il fallait aussi s'en méfier comme de la peste.
    Ou au moins, les prendre avec recul et circonspection. Sinon on finit par ne plus écouter les critiques, même constructives, et je pense qu'il n'y a rien de pire qui puisse arriver à un dessinateur, qu'il soit jeune ou vieux d'ailleurs.
    Prendre la grosse tête, sous prétexte qu'on dessine un peu mieux que la moyenne, ça t'arrive plus rapidement que tu ne le croies, et de façon très pernicieuse.

    Posté par Nebulon, 01 octobre 2006 à 16:08 | | Répondre
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